
À retenir
- Vérifiez la mesure et le traitement des demandes avant d’augmenter les dépenses.
- Pour chaque anomalie, consignez une preuve, une correction et un responsable.
- Séparez marque, acquisition et qualité commerciale pour décider du budget.
Le fil conducteur
Auditer avant d’investir davantage
- 01Fiabiliser
- 02Diagnostiquer
- 03Prioriser
Préparer un audit qui débouche sur des décisions
Augmenter le budget d’un compte mal mesuré peut simplement accélérer ses erreurs. Avant de modifier les campagnes, rassemblez trois éléments : les dépenses publicitaires, les demandes réellement reçues et leur devenir commercial. Ce guide concerne surtout les campagnes Search de génération de prospects. Les campagnes Shopping et Performance Max demandent des contrôles complémentaires sur les flux, les produits et les emplacements.
Choisissez une période cohérente avec votre cycle de vente, puis comparez-la à une période similaire. Trente jours peuvent servir de point de départ, mais ne suffisent pas si les ventes prennent trois mois ou si les volumes sont faibles. Exportez les données avant les changements et ouvrez un journal des corrections : date, observation, action, responsable et résultat attendu.
1. Définir le résultat commercial attendu
Écrivez une phrase sans jargon : « Nous voulons des demandes de devis pour telle prestation, dans telle zone, auprès de tels clients. » Listez aussi les demandes que vous ne pouvez pas traiter. Ce cadrage évite de considérer toute conversion comme une réussite.
Le livrable tient sur quelques lignes : prestation prioritaire, zone, critères de qualification, capacité de traitement et coût d’acquisition acceptable. Ce dernier dépend de votre marge et de votre taux de transformation ; il ne se déduit pas du coût par clic d’un concurrent.
2. Vérifier les conversions utilisées pour les enchères
Dans les objectifs de conversion, relevez chaque action, sa source et son statut. Le compte pilote-t-il des formulaires envoyés, des achats ou de simples clics sur un bouton ? Google explique la distinction entre actions principales et secondaires : les premières servent aux enchères lorsque leur objectif est utilisé ; les secondes sont généralement destinées à l’observation, avec une exception pour les objectifs personnalisés.
Votre contrôle : rapprocher chaque campagne de son objectif effectif. Une conversion correctement configurée au niveau du compte n’est pas nécessairement celle utilisée partout. Documentez les écarts avant de modifier les objectifs.
3. Tester un parcours complet et les doublons
Envoyez une demande de test identifiable, vérifiez sa réception et observez le déclenchement de la conversion. Rechargez ensuite la confirmation. Le même succès est-il compté à nouveau ? Vérifiez également si une balise Google Ads et une conversion importée depuis Analytics décrivent le même formulaire.
Consultez les options de comptabilisation de Google. Le choix entre une conversion et toutes les conversions doit correspondre à l’action mesurée. Il ne remplace pas la suppression des doublons techniques ni la distinction entre plusieurs actions de conversion.
4. Examiner les recherches réellement déclenchées
Exportez les termes disponibles avec leur coût, leurs conversions et le mot-clé associé. Classez-les en trois groupes : pertinents, manifestement hors offre, à examiner. Pour un installateur, « emploi installateur » et « devis installation » n’expriment pas le même besoin.
Le rapport des termes de recherche décrit les recherches visibles dans cet outil ; ce n’est pas un inventaire exhaustif de toutes les requêtes. Calculez la dépense hors cible identifiée, sans présenter ce sous-ensemble comme la totalité du gaspillage publicitaire.
5. Contrôler les exclusions sans bloquer les bons prospects
Vérifiez les listes de mots-clés négatifs, leur portée et leurs types de correspondance. Une exclusion trop générale peut bloquer une recherche commerciale pertinente. Relisez aussi les anciennes listes : elles peuvent correspondre à une offre qui a changé.
Pour chaque exclusion proposée, conservez une recherche justificative et une courte raison. Exemple fictif : exclure une intention de recrutement sur une campagne de prestation, après vérification du périmètre. Évitez d’importer une liste générique de centaines de termes sans la relire.
6. Vérifier la zone géographique réelle
Comparez les zones ciblées, les options géographiques et les localisations des demandes reçues. Les options de ciblage géographique distinguent notamment la présence probable et l’intérêt pour une zone. Une campagne locale ne se résume donc pas à tracer un rayon.
Si vous intervenez uniquement autour de Marseille, examinez les demandes éloignées avant de resserrer le ciblage. Une personne située ailleurs peut préparer un projet local. La décision doit suivre votre zone de prestation réelle, pas seulement l’adresse supposée de l’internaute.
7. Séparer la marque de la conquête
Une campagne sur votre nom et une campagne sur une recherche générique ne répondent pas à la même intention. Affichez leurs résultats séparément pour éviter qu’un coût par conversion faible sur la marque masque une acquisition plus difficile.
Préparez deux lignes de reporting : marque et hors marque. Ajoutez dépenses, demandes qualifiées et ventes. Ne concluez pas automatiquement qu’une vente issue d’une recherche de marque est incrémentale : le client pouvait déjà vous connaître par un autre canal.
8. Relire ensemble annonce et page d’arrivée
Ouvrez chaque page prioritaire depuis son URL finale et confrontez-la à l’annonce. La prestation, la zone, le délai et la prochaine étape sont-ils cohérents ? Une annonce spécialisée renvoyant vers une page générale impose un effort supplémentaire au visiteur.
Notez trois éléments : la promesse de l’annonce, la preuve présente sur la page et l’action demandée. Si l’annonce propose un devis, le formulaire doit permettre de décrire ce projet. Commencez par corriger les ruptures manifestes avant de multiplier les variantes de titres.
9. Faire une recette mobile du formulaire
Sur un téléphone, remplissez tous les champs, provoquez une erreur, corrigez-la et terminez le parcours. Vérifiez le clavier email, la lisibilité des messages et la réception effective de la demande. Un bouton visible ne prouve pas que le formulaire fonctionne.
Testez aussi le comportement du parcours selon les choix de consentement : le formulaire doit rester utilisable. Conservez la date du test et son résultat. Si l’envoi échoue, réparer le parcours passe avant l’achat de trafic supplémentaire.
10. Mesurer la qualité après le formulaire
Prenez un échantillon de demandes de la période auditée et demandez au commercial leur statut réel : qualifiée, hors périmètre, en attente, gagnée ou perdue. Conservez « inconnu » lorsque l’information manque.
Exemple entièrement fictif : 2 400 € de média donnent 80 demandes, dont 24 qualifiées et 6 ventes. Cela représente 30 € par demande, 100 € par demande qualifiée et 400 € de média par vente. Ce dernier montant n’inclut ni honoraires ni coûts commerciaux. Le guide Google Ads et CRM explique comment organiser ce suivi.
11. Lire budgets et enchères avec le contexte
Relevez la stratégie d’enchères, les objectifs éventuels et l’historique des modifications. Un résultat récent peut encore évoluer avec le délai de conversion. Comparez des cohortes suffisamment anciennes et notez les changements d’offre, de prix ou de disponibilité.
Un budget limité n’est pas, seul, une raison d’investir davantage. Vérifiez d’abord que les demandes supplémentaires seraient rentables et traitables. Évitez de changer simultanément budget, objectif, annonces et page : vous ne saurez plus quelle intervention explique l’évolution.
12. Transformer les constats en plan d’action
Terminez avec une liste courte, classée par impact et fiabilité du diagnostic. « Améliorer les campagnes » n’est pas une action exploitable. « Corriger le double déclenchement du formulaire et refaire la recette » précise un problème, une intervention et une vérification.
- Bloquant : demande non reçue ou mesure fausse ; corriger et tester en premier.
- Prioritaire : dépense documentée sur une intention hors offre ; traiter le ciblage et suivre les résultats.
- À tester : nouvelle promesse ou nouvelle page ; formuler une hypothèse et un indicateur.
- À observer : volume insuffisant ou ventes encore en cours ; fixer une date de revue.
La grille à reprendre pour votre compte
Créez un tableau avec six colonnes : point contrôlé, preuve, conséquence, correction, responsable et date de vérification. Une ligne possible : « Formulaire mobile ; email non reçu lors du test ; demande perdue ; réparer la transmission ; responsable du site ; nouvelle recette avant reprise. »
Sélectionnez trois corrections pour commencer. Conservez une situation de référence et relisez les résultats avec l’équipe commerciale. Cet audit doit permettre de décider où agir, pas produire un document volumineux. Si le blocage dépasse Google Ads, élargissez ensuite le périmètre avec un audit d’acquisition digitale.
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